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VIOLENCES SUR UN DÉTENU: PRISON FERME POUR UN SURVEILLANT EN ISÈRE

Jeudi 4 Mars - 07:44

Actu. locale


La maison d'arrêt de Saint-Quentin-Fallavier - © Capture d'écran Google Street View
Une cellule de quelques mètres carrés, plusieurs détenus et un surveillant à l'intérieur, et presque autant de versions sur les faits. La justice a tenté mercredi d'y voir clair sur une agression récente dans une prison de l'Isère.

"On sent quand même dans ce dossier une certaine chape", relève d'emblée la présidente du tribunal de Vienne face à des prévenus qui nient les faits ou s'accusent entre eux.

La victime, âgée de 21 ans et incarcérée au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier, affirme avoir été passée à tabac le 23 janvier. Elle met en cause trois détenus auxiliaires et un gardien de l'établissement, tous poursuivis pour violences en réunion.

Dans un premier temps, il a été question d'un accident: le détenu blessé aurait fait un malaise et se serait cassé le nez en tombant sur son frigo. C'est la version que donne d'abord le surveillant à sa hiérarchie.

La victime aussi, avant de confier à un médecin qu'on l'a en réalité frappée. Le détenu soutient qu'après avoir insulté le surveillant pour un refus de douche, il a été agressé par celui-ci et les auxiliaires, qui auraient ensuite fait nettoyer la cellule en lui demandant de ne pas les "balancer".

12 à 16 mois de prison


En garde à vue, le gardien a reconnu avoir ouvert la porte de la cellule en dehors du cadre réglementaire. Selon ses dires, il s'agissait alors de "mettre un coup de pression" au détenu, dont le comportement agité dérangeait tout le monde. Mais la situation aurait dégénéré, malgré lui.

L'un des auxiliaires, le plus jeune, dit avoir participé à l'expédition punitive à la demande du surveillant qui aurait porté des coups - ce que l'intéressé dément - tandis que les deux autres, plus âgés et au casier judiciaire plus fourni, nient en bloc.

L'un d'eux admet seulement avoir masqué la caméra de surveillance du couloir à l'aide d'une feuille, une pratique courante pour appeler un surveillant à l'étage, d'après lui.

Que s'est-il passé durant les cinq minutes d'écran noir ?

"On n'a aucune certitude", plaide une avocate de la défense. "Je n'ai pas eu un semblant d'explication sur les charges", estime un autre pour qui seul le surveillant, insulté par la victime, avait intérêt à agir.

Avant que l'image disparaisse, on l'aperçoit discuter avec les auxiliaires. Quand elle revient, le gardien est muni d'une barre de sondage - servant ordinairement à vérifier la solidité des barreaux - qu'il tente de dissimuler selon les enquêteurs, car elle a pu servir aux violences.

En fait, un manche à balai trouvé sur la coursive et qu'il fallait ranger, explique l'agent. "Je n'ai rien organisé; je n'ai jamais porté de coups; j'ai essayé de les séparer", répète-t-il. "On a du mal à vous croire", rétorque la présidente.

"J'ai envie de dire: bienvenue en milieu pénitentiaire, tant cette audience a illustré la difficulté de se forger une opinion", a souligné le procureur en réclamant des peines de prison ferme.

"Le surveillant a fait de premières déclarations mensongères, quel crédit lui apporter ensuite ? Il essaie de nous convaincre qu'il aurait ouvert la porte sans imaginer le reste" mais, dans ce cas, "il aurait dû réagir différemment en déclenchant l'alarme", reproche le magistrat.

Sept années requises au total pour l'ensemble des prévenus pour deux jours d'ITT, c'est lourd pour la défense. Elle rappelle que lors d'une conversation enregistrée avec sa compagne, la victime, dont le casier est aussi bien rempli, se souciait surtout des gains financiers qu'elle pourrait tirer de l'affaire.

L'avocate du gardien souligne sa jeunesse - 24 ans - et assure que "sa seule faute, c'est d'avoir ouvert la porte", sollicitant la clémence du tribunal.

Celui-ci a suivi les réquisitions du procureur en le condamnant à douze mois d'emprisonnement avec interdiction d'exercer. Il a infligé 16 mois aux détenus qui niaient les faits et 12 mois à celui qui les a endossés. "Par peur de représailles", selon son avocate.

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