"On alerte chaque année, on ne veut pas se résigner. Quand on rencontre chaque jour des personnes qui vivent dehors, se résigner n'est pas une option. Et le premier combat, c'est la production de logements accessibles."
Plus de personnes sans domicile sur fond de crise du logement
En 2025, l'association a rencontré 3.283 personnes vivant dans la rue, sans domicile fixe. C'est 75% de plus qu'il y a cinq ans. Parmi eux, des familles avec enfants.
En parallèle, 12.000 personnes sont en attente d'un logement dans le département du Rhône.
Alyena met en évidence une saturation du parc de logement, privé comme public, qui rend de plus en plus difficile le fait de se loger. Et qui entraîne, en bout de ligne, le remplissage des hébergements d'urgence. Obligeant les travailleurs sociaux à trier les demandes et les appels au 115.
"Chacun doit prendre sa part, à commencer par l'État, qui a le devoir d'assurer le droit au logement", poursuit Maud Bigot.
À ses côtés, Estelle acquiesce. Elle a vécu huit ans dans la rue, avant de trouver un logement abordable. "Aujourd'hui, je souhaite faire de la prévention. Surtout pour les femmes, qui sont les premières à subir les agressions. Je ne veux pas que d'autres subissent ce que j'ai vécu dans la rue."
Une série de portrait photographiés
Pour rendre compte de la "réalité du terrain qui se cache derrière les chiffres", un ouvrage photographique intitulé "L'inconditionnel présent, le temps de la solidarité" et réalisé par Bertrand Gaudillère a également été présenté.
Près de 80 photographies, des portraits, des entretiens compilés pour sensibiliser le grand public au sans-abrisme.
Et peut-être, faire bouger les lignes.