Bob Marley

Bob Marley, né Robert Nesta Marley le 6 février 1945, est sans doute encore aujourd’hui la plus grande figure du reggae et l’une des plus célèbres personnalités jamaïcaines de l’histoire. Auteur, compositeur, interprète et musicien de talent et nombre de ses titres sont devenus des hymnes planétaires de paix, d’amour, mais aussi de revendication de la culture et des droits du peuple noir.

Les débuts difficiles de Bob Marley en Jamaïque

Bob Marley n’est encore qu’adolescent quand il quitte avec sa mère les collines de la campagne jamaïcaine pour rejoindre un ghetto de Kingston. C’est à cette époque qu’il commence à prendre des cours de chant, alors qu’il n’interprète pour l’instant que des cantiques et de la soul. Bob est décidé à devenir chanteur, et s’investit énormément en enregistrant un grand nombre de singles, seul ou en groupe en s’associant à d’autres musiciens sous le noms des Wailers en 1963. Les Wailers signent en 1964 un contrat avec Studio One et leur premier titre Simmer Down rencontre un grand succès en Jamaïque. Bob peut quitter son métier de soudeur pour se consacrer exclusivement à la musique.

L’Occident s’intéresse à la musique jamaïcaine

Bob Marley se voit obligé de quitter provisoirement le groupe pour rejoindre sa mère quelques mois aux États-Unis avec sa femme Rita et ses deux enfants. À son retour, les Wailers n’ont plus de producteur puisqu’ils se sont séparés du précédent pour des raisons d’argent. Sans distributeur professionnel, le groupe ne vend plus de disque et Bob n’a plus les moyens de vivre à Kingston. Il retourne avec sa famille se ressourcer dans son village natal. C’est alors qu’en 1968, Johnny Nash, premier non-jamaïcain à enregistrer du reggae, vient à la rencontre de Bob Marley pour signer un contrat avec lui, demandant à Bob de lui fournir des morceaux. Son but est de lancer la musique jamaïcaine aux USA. Bob Marley accepte, et écrit la même année son premier morceau rasta Selassie is the Chapel. Cependant, les Wailers ne parviennent toujours pas à trouver de producteur.

Bob Marley et le reggae rencontrent le succès

Pour tenter de relancer sa carrière de musicien, Bob Marley décide de traverser l’Atlantique avec les frères Carlton et Aston Barrett à la batterie et à la basse qui resteront avec lui pour la suite de sa carrière. Là-bas, il se fait produire avec les Wailers par son ami Lee Scratch Perry avec lequel il va travailler jusqu’en 1978. Il continue également de travailler en solo pour le label Tuff Gong qu’il a lui-même créé. Si le succès tarde tant à venir, c’est aussi parce que Bob Marley refuse de se plier à certains codes de la musique anglo-saxonne. Finalement, après s’être fait lâcher par Johnny Nash qui l’avait pourtant fait signer chez CBS, Bob Marley contacte Chris Blackwell, producteur jamaïcain qui distribue en Angleterre avec les labels Trojan et Island Records. Blackwell fait remixer Catch a Fire et Burnin’, les deux premiers albums de Marley qu’il propose en 1973, à Londres pour y ajouter des solos de guitare et des parties au clavier, ce qui rend la musique vraiment accessible. Un peu plus tard dans l’année, Eric Clapton reprend I Shoot The Sheriff, célèbre chanson de Bob Marley. Cette reprise finit de rendre le reggae populaire en Europe.

Bob Marley devient une icône planétaire

La carrière de Bob Marley est maintenant lancée, après des années de galère et des centaines de titres enregistrés dont la plupart ne seront découverts qu’après sa mort. Il travaille avec le guitariste américain Al Anderson pour son superbe troisième album Natty Dread, puis c’est le succès international avec No Woman No Cry sur l’album Live! sorti en 1975. Son premier succès américain Rastaman Vibration sort en 1976.

Bob Marley devient un acteur politique important

En 1976, le climat politique en Jamaïque est extrêmement tendu à l’approche des élections. La guerre civile est proche et le mouvement rasta, qui a pris une ampleur phénoménale avec l’explosion  de la popularité de Bob Marley, soutient dans cette lutte le Premier ministre en place Michael Manley. Pour les opposants de droite, soutenus par les Américains, Bob Marley devient le symbole à abattre. Le 3 décembre 1976, des hommes armés pénètrent chez lui et tentent de l’assassiner. Sa femme et son manager sont blessés, et lui-même reçoit plusieurs balles dans le corps. Bob Marley va survivre, et va même participer au grand concert Smile Jamaica à Kingston deux jours plus tard. Il justifiera l’effort que sa présence sur scène lui demande par cette phrase devenue célèbre : “Les gens qui tentent de rendre ce monde mauvais ne prennent jamais de jours de congés. Comment le pourrais-je ?”. En homme de paix, Bob Marley finira même deux ans plus tard par réunir sur scène lors du One Love Peace Concert le Premier ministre Michael Manley et son ennemi politique Edward Seaga.

La santé en déclin et la mort de Bob Marley

Sa grande carrière musicale mise à part, Bob Marley est également comme bon nombre d’enfants du ghetto en Jamaïque un grand adepte de football. Et c’est en 1977 au cours d’un match amical de football qu’une de ses vieilles blessures au pied va se rouvrir. Les analyses médicales vont révéler un mélanome malin, cancer très rare mais très dangereux. La seule solution est de lui amputer l’orteil dans lequel se concentre le mélanome. Mais l’amputation est contraire aux croyances rasta. Bob Marley met donc beaucoup de temps à se décider et se fera finalement amputer trop tard. Deux ans plus tard, il perd connaissance pendant son jogging et un examen au rayon X révèle que le cancer s’est étendu à tout son corps. Il n’en informe pas son entourage, et continu les concerts aussi longtemps que possible avant d’entrer dans une clinique allemande en 1980 pour tenter de se faire soigner. Mais il est déjà trop tard. Il décide alors de rejoindre sa mère à Miami et finira ses jours entouré de ses enfants et sa famille. Bob Marley décède le 11 mai 1981 et sera enterré dans la paroisse de Saint Ann en Jamaïque dix jours plus tard.

Les plus célèbres chansons de Bob Marley

Bob Marley aura droit à des funérailles nationales et sa disparition est une vraie tragédie pour la Jamaïque et le mouvement rasta. Il laisse au monde en héritage des titres planétaires et pleins de sens comme Redemption Song, au sujet de l’esclavage du peuple noir, mais aussi l’énorme succès Jamming, festif et inspiré de sa relation avec Cindy BreakSpear, miss monde 1976. Il appelle le peuple jamaïquain et ses frères rastas à se réveiller dans Get up, Stand Up pour lutter contre l’oppression, un message qu’on retrouve aussi dans Soul Rebel. Bien sûr, comme le veut la tradition rasta, Bob Marley incite aussi à la consommation de chanvre dans certaines de ses chansons comme Kaya.

Quelques anecdotes sur Bob Marley

  • Juste avant de mourir, Bob Marley s’est converti à l’Église Orthodoxe Éthiopienne, dont le représentant est considéré par les rastas comme étant la réincarnation de Jésus.
  • Quand il avait 5 ans, Bob Marley lisait l’avenir des habitants du village dans la paume de leurs mains.
  • Bob Marley a été obligé de créditer certains de ses grands succès à ses amis. No Woman No Cry par exemple, pour que son éditeur, qui l’avait piégé avec un contrat illégal, ne puisse plus lui prendre tout son argent.
  • Bob Marley a reconnu 11 enfants, de trois femmes différentes. Cinq d’entre eux se sont lancés dans une carrière musicale à succès, et l’un des fils de Bob Marley est devenu footballeur américain professionnel.
  • Alors qu’il n’a que 5 ans, Bob Marley quitte le domicile de sa mère pour rejoindre son père à Kingston. Mais celui-ci, un capitaine de la Royal Navy anglaise, l’avait confié à une inconnue parce qu’il ne pouvait pas s’occuper de lui et Bob vivait donc dans la rue et servait de coursier à la vieille dame quand sa mère est venue le retrouver.

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